Jessica SALAÜN

Jessica SALAÜN

Doctorante

EMAIL Jess.salaun18@gmail.com
titre de la thèse Approche socio-écologique pour évaluer la gestion des récifs artificiels par modélisation du réseau d’acteurs et du réseau trophique Etude de cas sur trois éco-régions maritimes métropolitaines.
terrains d’études France métropolitaine
(co-)directeurs Sylvain Pioch et Jean-Claude Dauvin
ORIGINE DU financement ANRT et Atlantique Landes Récifs
année d’inscription 2019
résumé de la thèse

Les récifs artificiels sont des structures volontairement immergées par l’homme dans le but de protéger, produire (augmenter ou régénérer) ou concentrer les ressources marines (FAO, 2015). Ils sont employés à travers le monde pour soutenir la pêche (production et protection), restaurer des écosystèmes (restauration) ou pour développer des activités économiques de loisirs (récréatif).

En France, depuis 50 ans, les récifs artificiels (RA) sont utilisés comme réponse à la diminution des stocks halieutiques et immergés sur l’ensemble des façades maritimes avec une prépondérance en Méditerranée (Tessier, 2013). Toutefois, leurs évaluations sont rares ou partielles (Baine, 2001, Véron et al., 2008, Ramos et al.,  2008, FAO, 2015, Tessier et al., 2015). Les études réalisées sont incomplètes et ciblent principalement l’évolution d’indicateurs d’abondance et de richesse spécifique de la faune et la flore aux abords des récifs ou se focalisent sur un compartiment spécifique ou des espèces cibles (Claudet, 2006). Ces études, bien qu’elles aient montré l’effet direct des récifs sur l’augmentation de la production primaire locale (Cresson et al., 2014, Cresson et al., 2019), n’apportent qu’une réponse partielle à la problématique d’évaluation de la contribution des récifs artificiels au sein d’un socio-écosystème car la dimension socio-économique est oubliée (Milon et al. 2000 et Lee et al., 2018). Pour pallier ce manque, quelques études ont porté sur des données de débarquement, des pêches expérimentales, des calculs de production biologique des RA à partir des prix de vente des espèces à la criée. D’autres ont intégré la dimension sociale en étudiant la perception de l’utilité des RA par les usagers (Tessier, 2013, Ramos et al., 2008). Cependant, aucune étude n’a pris en compte l’ensemble du réseau socio-écologique pour évaluer les apports globaux des RA.

La Théorie de l’Acteur Réseau (Actor Network Theory), est une approche d’analyse de système complexe qui permet d’appréhender une organisation à travers les relations qui se développent au sein du réseau d’acteurs.  L’ANT est de plus en plus utilisée dans l’aide à la prise de décision et l’amélioration de la gestion d’un territoire comme le milieu côtier par exemple (Francis et al., 2019 et Molino et al., 2020). La théorie de la traduction (Callon, 1986 et Latour, 1987) va plus loin en intégrant symétriquement les acteurs humains et non-humains au réseau.  Elle décrit à travers plusieurs étapes, le processus de formation du réseau d’actants (acteurs humains et non humains) autour d’une innovation technique ou d’un projet commun appelé « Point de passage obligé » et en déduit la réussite ou l’échec du projet à partir de la mobilisation effective des actants dans la réalisation du projet commun.

Les projets d’immersion de RA ont été initiés par différents acteurs humains des territoires en y associant la faune et flore marine dans un objectif global de production, protection ou restauration. Le réseau d’acteurs des RA est donc constitué principalement de la faune et flore marine, qui participent à la colonisation et la production de biomasse répondant à l’objectif, et des acteurs du territoire pouvant aussi bien être les usagers directs, les gestionnaires d’espaces protégés que les financeurs et les administrations.

L’application de la théorie de la traduction aux projets d’immersion de RA semble donc pertinente pour, d’une part comprendre le fonctionnement global du réseau d’actants et son évolution depuis sa création jusqu’à aujourd’hui et d’une autre part pour évaluer les bénéfices sociaux-écologiques des RA. L’utilisation de cette approche est innovante et s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire faisant le lien entre nature et culture au sein d’un territoire.

collaborations SCIENTIFIQUES

Université de Caen, Normandie