Margaux GUILLET

Margaux GUILLET

Doctorante

 

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titre de la thèse Territoire vécu, choix d’orientation et équité territoriale : géographie de l’accès à l’enseignement supérieur en Occitanie-Est
terrains d’études Occitanie – Est
(co-)directeurs Marc DEDEIRE, Zohra Benfodda
ORIGINE DU financement COMPAS
résumé de la thèse Ce projet de thèse porte sur les logiques spatiales de l’orientation post-bac en Occitanie-Est. Ce territoire offre un terrain d’étude pertinent puisqu’il constitue un espace dynamique démographiquement, avec une forte attractivité étudiante, une grande diversité de situations territoriales et la présence de dispositifs du Programme d’Investissements d’Avenir (projets COMPAS et ACORDA). Il compte notamment huit réseaux de lycées (Carcassonne, Gard-Nord, Gard-Sud, Mende, Montpellier, Narbonne-Béziers, Perpignan, Sète-Pézenas-Clermont-Lodève), conçus comme des pôles d’éducation et de formation fondés sur la coopération plutôt que sur la concurrence.
Cette étude part du constat quant à la disparité des territoires en matière d’infrastructures, de services et de ressources d’orientation. Graduellement, le modèle national d’isomorphisme cède la place à un mouvement de décentralisation vers les collectivités territoriales. En réalité, loin de cet idéal isomorphisme d’une parfaite uniformité territoriale, s’ajoutent des inégalités sociales plus étendues, ayant un impact sur l’accès à l’information, la mobilité géographique et les ambitions éducatives des étudiants. C’est ici qu’entre la notion d’équité territoriale comme « configuration géographique qui assurerait à tous les territoires et à leurs habitants les mêmes conditions d’accès aux services publics et privés, au logement, à l’emploi, à la vie sociale » (Langevin, 2013). C’est la dimension spatiale d’une justice sociale (Bret, 2015). De cette façon, orientation et équité territoriales semblent devenir deux associées indispensables.
Finalement, cette thèse interroge la façon dont le territoire, entendu comme l’espace vécu que l’on s’approprie et que l’on se représente, façonne en amont ce que l’élève juge accessible ou légitime pour lui-même, c’est-à-dire l’écart entre les souhaits exprimés et les possibilités offertes.
Trois hypothèses sont avancées.
La première (H1) est qu’ils existent, un effet « Nasse » où la proximité géographique va déterminer exclusivement le choix de la formation retenue dans le supérieur ; et un effet « SAS » où l’accès au supérieur est expliqué par une volonté de choisir une formation pouvant ouvrir des perspectives en inter ou intra académie et dans ce cas, l’orientation doit être conçue comme une logique d’ouverture et de proximité organisationnelle.
Ces deux effets traduisent le double rôle de la proximité, ouverture pour certains élèves et enfermement pour d’autres, et expliquent pourquoi les territoires les plus reculés reçoivent moins de soutien en orientation, malgré les dispositifs nationaux et régionaux existants.
La deuxième (H2) est qu’il existe un effet « territoire » dans l’orientation des lycéens vers l’enseignement supérieur en Occitanie-Est, traduisant une inégalité territoriale dans les logiques d’orientation.
La troisième (H3) est que l’accession à l’enseignement supérieur est structurée par la perception qu’a l’élève de son territoire vécu, cette perception étant à l’origine de son choix d’orientation.
Pour les éprouver, la valorisation des bases de données d’enquêtes de primo-étudiants et d’enquêtes flash, associée à une approche croisée entre logiques d’éloignement et proximités géographique et organisationnelle, permettra d’identifier et de construire une typologie des formes de gouvernance locale de l’orientation vers le supérieur, à l’échelle de différents zonages dont les réseaux de lycées.
collaborations SCIENTIFIQUES